Harpe luth Sénoufo, Côte d’Ivoire - Lot 138

Lot n° 138
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Estimation :
1700 - 2500 EUR
Harpe luth Sénoufo, Côte d’Ivoire - Lot 138
Harpe luth Sénoufo, Côte d’Ivoire Bois, peau, métal, cordelettes H : 120 cm Provenance : Collection privée française Harpe de grande dimension, d’une rareté notable, dont la caisse de résonance repose sur une calebasse hémisphérique recouverte d’une peau tendue. Un long manche en bois de section circulaire y est fixé, permettant de tendre les cordes depuis son extrémité jusqu’à un chevalet anthropomorphe sculpté au centre de la caisse. Ce chevalet est percé de six trous destinés à accueillir les cordes, dont seules deux subsistent aujourd’hui. À l’extrémité du manche, une effigie féminine sculptée en ronde-bosse se distingue par une coiffe ornée d’une plaque circulaire métallique, servant de bruiteur. Instrument exceptionnel, il était traditionnellement utilisé par les devins, alliant fonction rituelle et qualité artistique. Le Père Knops écrit dans son ouvrage Les Anciens Sénoufo (1923-1935) de 1980, décrivant p.176 les types de harpe : "la Korr', à 6 cordes, abbréviatif de Korron', c.à.d. le chiffre 6". Il désigne la harpe, pas le chevalet. Le Père Knops n'était pas linguiste, même si il connaissait en partie le Sénanri, parler de la région centrale sénoufo. Sa transcription n'est d'ailleurs pas en notation phonétique. Un des chercheurs linguistes, Richard Mills, qui a travaillé une cinquantaine d'année sur le terrain, désigne le chiffre 6 par Kɔ̀rᴐ́ni ; Dans son dictionnaire Sénoufo-Français, R. Mills indique aussi que Kɔ̀ri (mot d'origine Dioula) signifie : 1/ "cora à 6 cordes superposées en 2 groupes de 3 cordes chacun et de longuers différentes (elle est faite d'une calebassse hémisphérique tendue d'une peau de chèvre)", 2/ "ensemble des instruments de musique de la danse des chasseurs (composé de 2 à 4 Kaanriga et d'1 cora ; la musique, le groupe folklorique, ou la danse. Ces groupements de chasseurs existent aussi largement au Mali actuel dont leurs ancêtres sont possiblement originaires de souche manding. Note : Cette harpe-luth appartenait à un chef d'orchestre Kaanritóo (op.ci. Mills) de la danse des chasseurs Sénoufo de la région de M'bengué (au nord de Korhogo). Revêtu d'une tunique couverte de talismans, il chante les louanges des chasseurs, raconte de petites histoires, intrevient aussi au cours des fêtes et des funérailles. Ces harpes avaient souvent un chevalet à 6 trous, scullpté d'une tête humaine de sytyle sénoufo. Par contre le manche est ici exceptionnellement sculpté d'une élégante statuette féminine dont le style affiche bien un travail raffiné et ancien de la région septentrionale sénoufo. Références : - Senoefo Afrika Museum Berg en Dal, 1980, n°58 harpluit 96 cm - Senufo sans frontières, Gagliardi, Petridis, 2015, harpe, n° 140 collection C. et A. Lebas
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