Masque gomintogo, Dogon - Lot 21

Lot n° 21
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Estimation :
1200 - 1800 EUR
Masque gomintogo, Dogon - Lot 21
Masque gomintogo, Dogon Mali Début du XXe siècle Bois sculpté et pigments H. : 41 cm Provenances : Collection Gustau Gili, Barcelone Collection David Serra, Barcelone Collection privée, Paris Dans la croyance Dogon, à l’origine de la création artistique, le concept du Nyama s’impose, décrit comme ; « une énergie en instance, impersonnelle, inconsciente, répartie dans tous les hommes, animaux, végétaux, dans les êtres surnaturels, dans les choses, dans la nature et qui tend à faire persévérer dans son être le support auquel elle est affectée temporairement (être mortel) ’ ou éternellement (être immortel) : c’est ainsi que le ciel, les morts, les génies, les autels, le fumier, les arbres, la graine, la pierre, les bêtes, la couleur rouge, les hommes ont du nyama. » (Marcel Griaule, Masques Dogons, 1938, p. 161). Cette énergie également dynamique, dépendante de l’ âme (kikinu say) chez les êtres vivants et apparemment indépendante dans le cas des choses inanimées (Cf. Germaine Dieterlen, Les Âmes des Dogons) est une force puissante à savoir contrôler, calmer, apaiser, pour qu’elle puisse cohabiter en harmonie avec les êtres vivants de la société. Le nyama, des ancêtres, des défunts, vit, tourbillonne avec les vivants, c’est ainsi que les plus belles réalisations artistiques sont nées, de cette croyance en la force vitale immatérielle surnaturelle, cohabitant avec le monde vivant, elles se font intermédiaires, relais, lien générateur, canalisateur de force permettant d’assurer l’équilibre entre les forces invisibles et les forces vivantes. On « fixe le Nyama aussitôt dans un autre support : autel, masque, amulette » (In Griaule, masques Dogons). Les gomintogo, gomtogo au singulier est un mot localisé à l’Ouest, Nord-Ouest de la ville de Djenné (C.Monteil, Djenné, métropole du delta central du Niger, Paris, 1932, p.3). Il désigne cette typologie de masque tel que ce magnifique exemplaire représentant un mammifère, « une sorte de cervidé » (P. de Cenival et Th. Monod, description de la Côte d’Afrique, 1506-1507 Valentin Ferandes, publications du Comité d’Études historiques et scientifiques de l’A. O.F, Paris, 1938, p.159) A ramure palmée couleur chair, inscrit et façonné dans un bois léger, le masque s’élance avec poésie dans l’espace par un ordonnancement de formes géométriques, par la projection d’une coiffe arrondie aplanie incurvée en hauteur. Le masque formé d’un visage rectangulaire aux traits en hauts reliefs est percé de deux yeux triangulaires évidés. Les éléments du visage par leur volumes, leurs reliefs jaillissent avec puissance. Le nez, partant du front bombé, délimité par une arête nasale saillante, se termine par deux ailes larges épatées formant un triangle. Récurrence, résonnance et parallèle subtil des formes répétées, la bouche épousant la même forme. Les oreilles longues fines sont signifiées par deux palmes plates aux extrémités hautes et basses anguleuses légérement incurvées. De beaux résidus de pigments bleus persistent sur la surface claire, blanchie. La danse du masque s’exécutait au rythme nommé albarga : « trois coups de batons au sol, à droite, à gauche ; accroupissement, tête baissée sur la poitrine. » (Marcel Griaule, Masques Dogons, p.421). Suivant les conseils du devin ce type masque, sa forme était préalablement dessinée sur les parois rocheuses avant d’être taillé dans le bois. « On avait l’ espoir de faire suivre l’âme du mort par celle du gomtogo. »
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